vendredi 15 avril 2011

mes photos anciennes...









photos anciennes

Audresselles

François Guerrin étudiant

Magasin de Suzanne Guerrin-Deranlot / Rue Nationale / Lille
François Guerrin étudiant





18 ans maintenant...

Vinika Dabra, lundi 16 mars 2009, 11:36.

Ceci est un hommage au Professeur François Guerrin qui nous quittait, il y a maintenant 16 ans et dont nous rappelons le souvenir afin que personne n’oublie cet homme qui possédait des qualités humaines chaleureuses et joviales .

Professeur de médecine expérimentale et biologiste des hôpitaux, Maître de conférences, patron de thèse, directeur du mensuel « Lille - médical », le docteur François Guerrin était né le 4 août 1926, à Lille, et avait la charge de chef de clinique aux explorations fonctionnelles respiratoires de l’hôpital Calmette.

Il est décédé le 20 février 1993, à Leubringhen, dans le Pas-de-Calais, après une maladie longue et invalidante qui lui fut très douloureuse car il avait perdu son autonomie.
Il allait être en retraite quelques semaines plus tard lorsque cet accident vasculaire qui lui arriva le 1er mai 1991 faucha toutes liberté et indépendance.
Son plus grand désir d’écrire un livre sur sa vie et ses recherches n’a pu être réalisé.

Son épouse a été d’une grande force dans cette souffrance et l’a accompagné jusqu’à la fin de sa vie avec beaucoup d’amour et d’abnégation. Elle avait déjà, il est vrai, participé à sa vie de médecin et de professeur, le soutenant dans les épreuves et heureuse lors de ses réussites.
Ensemble, ils eurent cinq enfants qu’ils ont éduqué dans le respect des autres et dans la liberté du choix de leur vie.

Initialement, le docteur Guerrin s’était spécialisé dans la gastroentérologie. Brillant étudiant : certificat d’études supérieures de physique, chimie et histoire naturelle en 1946, certificat de chimie biologique en 1955, de biologie générale en 1956, diplôme national d’hydrologie en 1951, de radiologie et d’électrologie en 1954, il a toujours étudié et travaillé avec acharnement et volonté, cherchant sans fin à se perfectionner.
On peut admettre qu’il avait un petit faible pour les titres universitaires mais, en fait,ce n’est que normal après tant de labeur assidu !
Externe des hôpitaux de 1947 à 1951, interne des hôpitaux de 1951 à 1955, délégué dans les fonctions de médecin assistant de 1959 à 1960, nommé médecin assistant des hôpitaux en 1960 et biologiste des hôpitaux en 1963, il s’est ensuite consacré à l’enseignement et à l’éducation.

Maître de médecine subaquatique et hyperbare, à la faculté de médecine du Centre Hospitalier Universitaire de Lille, il a contribué et participé à l’installation du caisson hyperbare à Calmette, sous la responsabilité du professeur Wateel, chef de service à l’époque.

Passionné par la mer, la natation, les marins, la plongée sous-marine, il passait de nombreuses heures sur son flobard et adorait pêcher en pleine mer, ceci dans le village de ses vacances d’enfant, à Audresselles, dans le Pas-de-Calais, aux « Poissonnets ».
Son père, médecin des facultés de Paris, diplômé en mars 1912, médecin major de la guerre 1914/1918, exerçait à Lille, rue Patou et lui a été d’une bénéfique influence. Malheureusement, son décès précoce accentua l’arrivée d’une maturité prématurée en faisant de lui un chargé de famille.
Sa mère Suzanne Deranlot, diplômée des beaux-Arts de Paris, se reconvertit dans un commerce de bonneterie installé à Lille, rue nationale.Et le soutint du mieux qu’elle le pouvait.
Doué pour le dessin et les études, grand sportif, ( il pratiquait également l’aviron) le docteur Guerrin aimait la gastronomie et appréciait de partager un bon repas avec ses amis ou ses proches. On peut dire qu’il était fin gourmet et qu'il avait un fin palais !

Humaniste et plein d’enthousiasme, il était aimé pour son accueil, son humour parfois teinté de « légère ironie », son dévouement ainsi que son authentique capacité à écouter les autres et à chercher à les comprendre.
Certains de ses élèves que j'ai rencontré se souviennent de lui et de son aide durant leurs études avec beaucoup de reconnaissance. D’autres élèves se rappellent quant à eux, avec émotion, sa gentillesse vis-à-vis des malades hospitalisés et son respect des personnes qui lui étaient confiées.

Cet hommage lui est rendu afin que sa mémoire se perpétue. Le temps passe vite, les gens oublient, et c’est ainsi que ceux qui ont travaillé pour aider les hommes en souffrance et faire avancer la médecine ne sont plus, ni remerciés, ni honorés par les plus jeunes générations qui ne les connaissent pas.

Audresselles










Suzanne et ses enfants


le chat


le retour du flobard


pélerinage du 15 août / la bénédiction des marins et de la mer


le flobard de François Guerrin et François sur la plage


René Guerrin sur la plage avec ses 2 garçons


dimanche 3 avril 2011

La Barbie affamée


Une Eve des temps modernes avait très faim, elle trouva un dinosaure égaré dans son jardin et s'en régala.

(sur une idée originale de laurence)

vendredi 1 avril 2011

L'histoire de Marie ne sera jamais terminée...




http://hist2marie.blogspot.com/

Merci à tous les amis auteurs, ce fut une belle histoire.
François a écrit un bel adieu à Marie . Je n'écrirais pas plus.
Marie , la vraie, est décédée l'an dernier, le 31 mars. B Chaix (26 mars 2011)

« Les fiançailles, 1945, Marie heureuse. Ils sont tous là. Même Klostro, arrivé à l'improviste, le matin même. » Brigitte. (Générique de fin.)

Et c'est Kostro qui fait la photo ? Pourquoi a t'il posé ce vase devant eux, au même niveau que les pieds des enfants? Cela donne une étrange impression. Cette gerbe de fleurs qui monte vers le couple central dont c'est la fête. Tous ces regards qui regardent devant eux, quelques visages penchés, ou tournés, à l'oblique d'un certain rêve. Une histoire qui commence...Vinika.

« je pense, ce matin, à nos récits l’été dernier, nous glissions en pente douce, en bande, comme à vingt ans, d’image en image, d’où nous connaissions-nous ? Vinika, Béatrice et Brigitte, parfois Nicole, Yannick et moi, qui d’autre encore ? votre jeunesse avait chassé la mélancolie d’une saison fade, j’avais aperçu votre image une fois et vous aviez fait votre maison entre nos bras, avez-vous su que nous vous aimions, chaque jour nous vous cherchions et, vous retrouvant, nous nous trouvions les uns les autres, vous étiez le point sensible, la tache au bord de l’encrier, on connaissait vos yeux, vos robes Vichy, vos cheveux noirs, votre voix, on vous entendait chanter, j’ai rendez-vous avec vous, on vous voyait au bord du Rhône, à Istanbul, sur une plage du Nord ou à Lisbonne, vous étiez parmi nous, pas tout à fait la même, pas tout à fait une autre, comme dit le poète sous absinthe, vous circuliez d’un rêve à l’autre, parfois l’un de nous voulait vous retenir, installait son histoire, mais vous vous échappiez, et cette fois-ci, je vous ai perdue pour de bon… » François. (L’adieu à Marie. )

31 mars 2011 
Bon anniversaire Marie, là où tu es aujourd'hui, là où tu ris, là où tu nous observes peut-être... Pardonne nous de t'avoir dérangée, et merci aussi pour tous ces moments merveilleux passés ensemble. Tu restes au fond de nos coeurs un paradis d'images, de poèmes et de voyages, un jardin de jeux et d'enfances, un temps d'absences et de présences, au rythme de la vie, de nos vies éparses et clairsemées maintenant, comme un livre aux feuilles détachées ; comme un album aux photographies envolées..." dans l'eau elles s'en sont toutes allées... " les roses de Saadi et les tulipes jaunes au soleil du printemps. 
31 mars, la nuit, et je souris ; j'imagine Marie, au bord du paradis... Elle se penche et nous envoie une échelle de corde ou d'argent. C'est la nuit, le marchand de sable est passé et nous allons tous ensemble là-haut, là d'où personne n'est jamais revenu, et nous sommes venus, Marie, te porter un bouquet de joies enrubanné de mémoires, de mélancolie. Ces souvenirs et ces certitudes, toutes ces larmes et puis nos rires. Tout le passé et tout cet avenir encore, inconnu. "J'irai là-bas...Tu vois je sais que tu m'attends..."

Le 31 mars 1945, Mère Marie (Skobtsov) moniale orthodoxe dans le monde, qui a sauvé des juifs en les cachant dans sa maison et sa chapelle à Paris, et qui a participé à la lutte contre le nazisme en tenant tête aux politiques de l'époque, périssait en martyre dans le camp de Ravensbrück, prenant la place d'une maman qui était sur la liste des gazés de ce jour là.
Non, Marie n’est pas morte pour nous, et l’Histoire de Marie ne sera jamais terminée car à chaque fois que quelqu’un se penchera sur son album de photographies, sur nos récits, sur nos poèmes, elle sera vivante et elle sera présente, par delà le temps, par delà l’histoire. Au cœur de nos mémoires.

Talila chante, un air de yiddish bluzz, j'imagine l'enfant au violon, celui de Matisse, devant la fenêtre à la coupe de fruits. Je me souviens, c'était hier, et c'est encore maintenant, le temps d'une vieille boîte emplie de photographies usées, regardées, les coins cornés, des tâches de temps qui lissent le papier ; avez vous sur vos mains de ces empreintes du temps qui passent, des dessins brunâtres qui laissent là leurs marques ? Avez-vous des pastilles à la violette dans une coupe de cristal, j'en prendrais une, c'est un goût et un parfum de printemps, un sourire du ciel. Je voudrai revoir l'album d'Angélica et ses photos d'enfant ; ce beau livre d'images, mais il est resté sur la table, dans la maison fermée maintenant. Isaac crie dans le cimetière, là-haut, des anges traversent l'infini. Sur l'île de Capri, Marie buvait une liqueur de citron de Sorrente... J'en prendrais bien un verre aussi, avec vous, mais qui aime boire ça ? Pourtant, les citrons d'Italie sont si bons.

Un vrai vin rouge et mordoré comme un saxophone qui éclate dans le soir venu, c'est revigorant. Les yeux de Marie quand elle regardait Kostro, ses confidences sur le balcon de l'hôtel, face à la mer aux masques sauvages, et plus loin, les rochers devenus visages des passagers de nos vies. 
Il faudrait bien tout inverser, le verre, la photographie dans son cadre ; inverser le sablier, le coucher comme en un lit d'herbes, comme le dormeur du val ; le sable du temps à l'horizontal de nos rires, et rien alors ne s'oublierait : l'amour, le partage, l'innocence et la fureur de vivre encore et malgré tout. Vinika. 

Photographies: François / Album de Marie, Brigitte